Appareils anciens de physique et de physiologie

Etudier expérimentalement la nature des choses, qu’ils s’agissent d’êtres inanimés ou animés, est une passion que les physiciens et les physiologistes ont en commun. Les particularités du fonctionnement des êtres vivants incitent les biologistes à se faire physiciens quand il le faut. Réciproquement, les physiciens ont fourni aux physiologistes des appareils comme le spectroscope, qui permet par exemple d’étudier les divers états de l’hémoglobine, une expérience conduite par Claude Bernard au cours de ses célèbres Leçons

Les collections d’instruments anciens regroupent des appareils de physique et de physiologie datant du XIXe siècle. La plupart des appareils inventés par Etienne-Jules Marey ou par Paul Bert y sont décrits. Au nombre des pièces présentes figurent notamment des cylindres enregistreurs, des myographes, des pneumographes et des cardiographes. La collection compte également des instruments de l’électrophysiologie naissante, du grand chariot inducteur de Dubois-Reymond au galvanomètre de Kelvin-William Thomson, en passant par les électrodes impolarisables d’Arsène D’Arsonval ou le cylindre à cames d’Henry Cardot (1886-1942).

Près de 200 appareils anciens

La présence d’appareils anciens de physiologie à la Doua tient au fait qu’une chaire de physiologie générale de la Faculté des sciences fut créée à Lyon dès 1883. Elle est confiée en 1887 à Raphaël Dubois (1848-1929), ancien élève de Claude Bernard et de Paul Bert connu pour sa découverte du mécanisme de production de lumière par les êtres vivants. Dubois obtint un équipement très complet pour son laboratoire. Ancien sous-directeur du laboratoire d’optique physiologique, il avait inventé un ophtalmomètre présent dans la collection. Il publia en 1900 des Leçons de Physiologie expérimentale et collabora au grand Traité de Physique biologique d’Arsène D’Arsonval, ouvrages largement utilisés pendant plusieurs décennies. Certains des collaborateurs de Raphaël Dubois se spécialisèrent dans les recherches métaboliques, d’où la présence d’anciens manomètres de Warbourg utilisés pour la mesure de la respiration cellulaire. Son successeur, Daniel Cordier (1900-1960), fit l’acquisition des premiers spectrophotomètres, d’appareils à électrophorèse et de chromatographes qui offrent un panorama représentatif de l’outillage employé pour les recherches sur le métabolisme dans les années 1950-70. La collection s’est aussi enrichie par des dons : citons un prototype de l’électrophotomètre inventé en 1936 par Paul Meunier (1908-1954) qui fut professeur de chimie biologique à la Faculté des Sciences de Lyon. D’autres appareils documentent les recherches électrophysiologiques de la même époque et d’autres encore (microscopes, balances, centrifugeuses ou calculatrices) sont ceux que les biologistes utilisaient habituellement.